Le massacre des saints Innocents


Le massacre des saints Innocents, acrylique sur papier, 17 x 12 cm, 2010-2011.
 
Bien que le massacre des Innocents ait eu lieu à Bethléem, l'enlumineur du livre d'Heures ms. 109 conservé à l'Université McGill a placé cette tragédie dans la rue d’une ville européenne du XVe siècle. En effet, à la fin du Moyen Âge, il était courant de représenter les faits bibliques comme s’ils s'étaient passés dans l’entourage urbain et immédiat des artistes.
Reprenons maintenant cette pratique pour faire entrer le récit sacré dans notre cosmos habituel : dans une ruelle d’un quartier populaire de Montréal, les soldats du roi Hérode viennent de tuer les enfants de moins de deux ans.
Cette scène conserve, au premier plan, la figure principale de l’image d’origine. Il s'agit d'une mère s'arrachant les cheveux, terrifiée par la barbarie à la vue de son fils mort et jeté par terre. À droite, une autre femme est assise sur le porche d’un immeuble et pleure avec son enfant entre les bras. On voit aussi d'autres petits emmaillotés et inertes sur le trottoir.
Plus loin, quelques figures indifférentes aux événements, comme dans l'image d'origine, se promènent devant des constructions en brique. Dans la partie basse d'une des maisons, on distingue un « dépanneur » ou petit magasin de quartier, servant à trouver des aliments frais à tout moment.
La bordure de cette image représente des animaux bien connus, comme le castor et l'écureuil. Nous pouvons observer aussi une mouche appelée Syrphidé ou Syrphe, qui peut souvent être vue dans les beaux parcs de Montréal. L'image montre, également, quelques fleurs pouvant se trouver dans les jardins de la ville, comme l'anémone du Canada, l'orchidée papillon Phalaenopsis ou encore une fleur de joubarbe. Quant au crâne sur la bordure, sa présence s'explique d'elle-même.

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